MON CHEZ MOI

A LA DECOUVERTE DE LA PERMACULTURE

GF Rédaction Seniors Mag
Mise en ligne 15/03/2022
Temps de lecture 4 minutes
Découvrons les techniques et la philosophie autour de la permaculture

Si le terme est tendance, beaucoup d’entre nous sommes bien en peine lorsqu’il s’agit de décrire ce qu’est exactement la permaculture… Une mode lancée par des bobos citadins en recherche d’un genre de vie alternatif ? Une nouvelle technique d’agroécologie ? Un come-back des babas cool des années 70 qui prônaient le retour à la terre vivrière… ? Seniors mag a décidé de tordre le cou à tous ces clichés et de vous donner quelques clés de compréhension de ce principe de production.

A LA FOIS UNE TECHNIQUE ET UNE PHILOSOPHIE…

D’un point de vue pratique, la permaculture consiste tout simplement à produire en utilisant les enseignements basiques que nous fournit la nature  ; par exemple  ; que les êtres vivants - animaux et végétaux - y vivent en équilibre  et ont tous un rôle … Le sol est nourri par les végétaux qui y poussent et y meurent  ; les plus grands protègent les plus fragiles du vent et du soleil ; ils s’adaptent naturellement au sol et au climat, ... Ces observations ont conduit le biologiste Bill Mollison, à créer, dans les années 1970 en Australie, une méthode qui consistait à retrouver l’équilibre biologique indispensable pour protéger les ressources de la planète. Appelée la «  culture permanente », soit en anglais "permanent agriculture", l’expression a donné naissance à un mot valise : la « permaculture ». Ainsi, dans un jardin cultivé en permaculture, l’homme laisse faire la nature au lieu d’aller contre elle. Il agit comme un chef d’orchestre  : il laisse chaque élément naturel jouer sa partition, et se contente de veiller à l’harmonie générale. Il met à profit les interactions naturelles et compose avec la biodiversité et le recyclage naturel de la matière, plutôt que de viser la monoculture à grand renfort de pesticides et d’engrais chimiques. Tout cela c’est l’aspect purement technique. Mais la permaculture revêt aussi une dimension philosophique ou éthique qui prône en effet un système de culture résiliente et durable, prenant en compte à la fois la nature, et l'Être humain afin d’assurer « la responsabilité de notre propre existence et de celle de nos enfants ». Cette notion de partage équitable au sein de la société dénonce au passage la domination des marchés, le productivisme, la surconsommation, etc…

 

LES GRANDS PRINCIPES DE LA PERMACULTURE APPLIQUÉE AU JARDIN

Si elle s’appuie sur des techniques ancestrales, la permaculture ne s'improvise pas pour autant. Pour qu’elle soit efficace tant d’un point de vue productif qu’étique, elle réclame : Un écosystème non dévoyé :

> Des sols vivants peuplés de vers de terre, et emplis de micro-organismes, matière organique, …

> Une biodiversité riche  : de nombreuses espèces cultivées, une faune variée, 

Des réponses à ces interrogations : 

> Quelle est la nature du sol  que je m’apprête à cultiver : argileux, sableux, limoneux  ? Est-il plutôt calcaire ou acide ?

> Comment mon jardin est-il exposé  ? Quelles sont les zones les plus ensoleillées ou à l’ombre  ? De quel côté du jardin se lève le soleil ? Comment soufflent les vents dominants ? 

> Quel est le climat local ? 

> Y a-t-il des pentes ? 

> Quels sont les éléments intéressants à conserver  : une haie, une mare, de grands arbres, une allée, un bosquet, un mur… ? 

> Quelles sont les ressources en eau à proximité ?

Le respect de certains principes :

> Éviter la monoculture  en associant différentes cultures sur une même parcelle, 

> Limiter au maximum le travail du sol pour ne pas perturber son équilibre, 

> Fonctionner en circuit fermé  afin de ne pas générer de déchets grâce à des choix de variétés traditionnelles pouvant être ressemées, 

> Ne pas utiliser d’apports exogènes (ex : engrais) et recycler les déchets verts sur place… 

> Assurer une utilisation optimale de l’eau, notamment en récupérant l’eau de pluie,

> Couvrir le sol de façon permanente, notamment avec des engrais verts,  du paillage, etc ; 

> Produire beaucoup sur de petites surfaces  : cultiver en hauteur, utiliser les cultures étagées  afin de conjuguer de faibles surfaces cultivées avec de bonnes productivités, 

> Prioriser la plantation de plantes vivaces nécessitant moins de suivi et moins de soins. 

> Introduire des animaux domestiques tels que des poules, des biquettes, des moutons, ... qui permettent non seulement de lutter contre les nuisibles et les mauvaises herbes, mais aussi la production de produits consommables comme les œufs, le lait, la viande, ou encore de l'engrais avec leurs déjections qui par un processus de minéralisation, se décomposent en libérant des éléments nutritifs tels que l'azote, le phosphore, le soufre, le potassium qui alimentent les cultures. Ce faisant, non seulement vous respecterez le vieux conseil de Voltaire, écolo avant l’heure  : « Cultivons notre jardin ! », mais vous cultiverez également des notions de durabilité devenues prégnantes dans notre société : un travail plus rationnel et moins pénible, une reconversion des déchets, une baisse des consommations, une réduction des déplacements...

 

Rédigé par

GF

Collabore avec Seniors Mag.