Gérard Jugnot nous présente « Mauvaise Pioche » : entre folie médiatique et amitiés de cinéma

- Par Guillaume Faux
- Mise en ligne : 08 avril 2026
- Mise à jour : 08 avril 2026
À l'affiche du film Mauvaise Pioche dès le 1er avril, Gérard Jugnot revient sur une comédie grinçante inspirée de l'incroyable erreur judiciaire de l'affaire Guy Joao. Entre satire de l'emballement médiatique et tendresse d'une romance senior avec Zabou Breitman, l'éternel membre du Splendide signe une fiction humaine et chorale. Des coulisses du tournage avec son complice Thierry Lhermitte à ses souvenirs émus de Michel Blanc, Gérard Jugnot nous livre les secrets d'un film où le rire sert, une fois de plus, à "tordre le cou" au drame.
SM : Gérard Jugnot, bonjour. Votre film Mauvaise Pioche s'inspire de l'affaire Guy Joao, ce retraité confondu avec Xavier Dupont de Ligonnès. C’est la genèse de l’histoire ?
Gérard Jugnot : Absolument. Il faudrait même mieux dire « l’homme qu’on a arrêté ». C’est inspiré très librement de cette folie médiatique. Je regarde la télé, je lis les infos et souvent, je me dis : « Mais comment ça peut être possible ? ». Cette histoire était extravagante parce qu’il ne lui ressemblait absolument pas. Il était beaucoup plus petit et j’ai appris récemment qu’en plus, il lui manquait une phalange ! Moi, je prends toujours des sujets assez graves, assez dramatiques, et j’essaie de leur tordre le cou pour en tirer de la comédie, des rires et un peu d’émotion. C’est un homme ordinaire confronté à un truc qui le dépasse. C’est mon Monte-Cristo à moi.
SM : Au-delà de l'erreur judiciaire, vous pointez du doigt l'emballement des médias...
Gérard Jugnot : C’est un serpent de notre société. On court après le scoop, il faut aller vite, et puis finalement l’erreur est humaine, mais l’excuse devrait l’être aussi. Et là, il n’y a pas eu du tout de ça. Le « il n’y a pas de fumée sans feu », c’est abominable. Si vous vous insurgez, les gens disent : « S’il se défend, c’est qu’il y a un loup ». Et si vous ne faites rien, c’est comme si vous acceptiez. J’avais vécu ça sur Monsieur Batignole, on m’avait accusé de plagiat alors que c’était absolument faux. Malheureusement, le copyright appartient à Adolf Hitler, donc... Ça les a amusés de me mettre au pilori et de ne pas rectifier quand les choses se sont rétablies.
SM : Malgré ce sujet fort, le film reste très tendre, notamment avec cette histoire d'amour senior.
Gérard Jugnot : J’avais envie d’imaginer l’après, les dégâts collatéraux. Comme c’est une fiction, je voulais qu'il sorte par le haut et que ses mésaventures lui permettent de retrouver l’amour. Les scènes avec Zabou m’amusent parce qu’on se comporte comme des mômes de 17 ans alors qu’on l’est bien plus ! On est plus des lecteurs de notre journal que des perdeaux de l’année. Il y a aussi le chat, "Maman". Je m'attendais à ce qu'on le voit danser sur le générique, mais il ne savait pas faire ! C’est plaisant de faire des choses qui ne sont pas attendues.
SM : Côté casting, vous mélangez vos complices historiques et la nouvelle garde comme Philippe Lacheau.
Gérard Jugnot : J’avais l’impression d’être un petit garçon qui invite ses potes à goûter. On a écrit beaucoup de personnages pour avoir de quoi faire. Comme je suis un homme de seconds rôles au départ, je sais à quel point c’est important pour nourrir le récit. J’ai été voir "Fifi" (Lacheau) en lui disant : « Maintenant, c’est toi le roi du monde, est-ce que tu peux me donner un coup de main ? ». Il a accepté, il est formidable. On retrouve aussi Michèle Laroque, François Morel, Duquenne... C’est ça qui est plaisant : retrouver ces amitiés de cinéma et reprendre l’histoire là où on l’avait laissée.
SM : Vous n'avez pas résisté à l'envie de bousculer un peu Thierry Lhermitte et Philippe Lacheau ?
Gérard Jugnot : (Rires) Au Splendide, c'était moi ! Quand ils faisaient des blagues, j’étais la proie la plus facile, je crois tout ce qu’on me dit. Avec Blanc, ils ont passé leur temps à m’en faire. Donc là, j’ai donné à Thierry un personnage de faux ami. Et Fifi, il m’a toujours un peu maltraité dans ses films, donc je me suis un peu vengé. C’est le principe des clowns : plus ils en prennent dans la tronche, plus on rit. On voit un mec qui en prend plein la figure et on se dit : « Chouette, c’est pas moi ! ».
SM : Vous parliez de Michel Blanc. Quel souvenir gardez-vous de cette bande du Splendide ?
Gérard Jugnot : On ne se voit pas assez. Michel avait eu ce mot formidable : on est comme des pièces d’un puzzle qui ne se ressemblent absolument pas, mais qui s’emboîtent parfaitement. C’est la meilleure définition de l’amitié.
Gérard Jugnot, à retrouver à l’écran le 1er avril pour le film Mauvaise Pioche
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