Rencontre et interview avec le cycliste Bernard Hinault

  • Par Viens Lisa
  • Mise en ligne : 25 juin 2021
  • Mise à jour : 25 juin 2021

Entrer dans l’univers de la retraite de Bernard et Martine Hinault, c’est d’abord avancer dans une grande allée bordée d’arbres qui réalise une arche au-dessus de vos têtes signifiant un univers de quiétude qui vous engage dans la sérénité rurale. Bernard vous accueille avec un large sourire et sur ce visage souriant vous reconnaissez ce front volontaire et ce regard déterminé qui étaient déjà ceux du « blaireau » conquérant !

S.M. : Comment vivez-vous votre retraite sportive ?
B.H. :
A vrai dire plutôt bien, je vais très bien car pour moi, l’absence de problèmes de santé est le bien le plus précieux donc être en bonne forme c’est aller très bien. Après avoir raccroché mon vélo de professionnel cycliste je suis devenu « agriculteur éleveur sélectionneur bovin » car nous avions ma femme et moi besoin de nous retrouver en campagne en contact avec la terre. Pendant cette période je n’ai plus fait de vélo, l’activité physique du paysan compensait sans doute (rires). En parallèle j’ai continué une activité de chargé de relations publiques avec ASO (Amaury Sport organisation). Il y a 15 ans, j’ai cessé mon activité d’agriculteur qui était devenue trop prenante et un décès dans la famille nous a fait prendre conscience que la vie pouvait être courte. En 2007 j’ai repris une pratique cycliste comme un cyclotouriste j’ai recommencé à faire ce que je savais faire mais avec l’esprit d’un débutant il me fallait rééduquer mon corps à faire du vélo. Je suis donc un retraité comme tout le monde qui veut se construire une retraite heureuse entouré de sa famille et de ses petits-enfants, mais ouvert aux autres ».
S.M. : Quelles sont vos principales occupations ?
B.H. :
Elles sont variées. Nous habitons à la campagne, donc celles qui sont liées à l’entretien de la maison, du jardinage du bucheronnage, pour le bois de chauffage, sans oublier de replanter. Je me rends disponible le plus possible pour des actions humanitaires et caritatives en direction des malades du cancer, des familles des malades et des maladies cardio-vasculaires, car je suis conscient d’avoir eu de la chance dans ma vie, d’avoir une bonne santé, d’avoir réussi ma carrière sportive et je me dois de donner et d’aider par ma présence et mes participations ceux pour qui la vie n’a pas été aussi généreuse.Je fais du vélo trois fois par semaine pour entretenir mon capital santé, seul ou avec des amis selon les conditions climatiques, car il est passé le temps de rouler sous la grêle, la pluie et la neige (rires).
S.M. : Revenons quelques années en arrière sur la période 1970/1990 quels sont vos meilleurs souvenirs ou anecdotes ?
B.H. :
J’ai beaucoup de bons souvenirs, ceux d’avoir vécu des moments et des évènements extraordinaires, tant qu’il est difficile d’en extraire quelques-uns. Mais le souvenir le plus important est celui d’avoir fait du vélo à un haut niveau pendant 12 ans. Du bonheur, des rencontres multiples et aussi d’avoir voyagé dans le monde entier. Lors de ma première course en tant que pro, Merckx était une idole et gagnait tout, je me suis dit « il a deux bras, deux jambes, une tête, moi aussi, donc on est à égalité ! » Un petit jeune gonflé en somme ! Je souhaite à toute personne d’avoir la vie rêvée que j’ai eue et je répète souvent que « faire du vélo à plein temps est toujours plus facile que de travailler à l’usine ».
S.M. : Pourquoi avoir coécrit avec Hubert Crespel le livre « être en forme secrets de champions »
B.H. :
C’est une longue histoire d’amitié avec Hubert qui était mon Kiné-ostéo.Nous étions déjà, à cette époque, persuadés du bienfondé qu’une activité physique adaptée et protocolisée était un gage de santé. Une bonne forme étant le pré- requis d’une bonne santé. Nous avons voulu réaliser un ouvrage qui incite et qui guide dans la pratique de l’activité physique. En déclinant les méthodes d’entrainement des sportifs de haut niveau et en les adaptant au plus grand nombre nous étions déjà un peu précurseurs dans le domaine du « Sport santé ».
S.M. : Parlez-nous de Cardiac des Monts...
B.H. :
L’association Cardiac des Monts me tient à cœur car c’est un exemple où la mise en œuvre d’une pratique cycliste est un réel outil de prévention et de reconditionnement dans le domaine des maladies cardio-vasculaires. Les lecteurs de Seniors mag peuvent s’investir dans cette association en étant pratiquant ou reprenant cycliste et en particulier avec l’aide du VAE (vélo à assistance électrique) qui est un outil adapté tous les âges et toutes les conditions physiques et qui procure le bonheur de la convivialité et de l’effort à ceux qui ont peut-être du mal à en faire. Ils peuvent également adhérer à la cause, à la philosophie de Cardiac des Monts et à son association par une participation à ses organisations notamment le 4 juillet prochain en s’inscrivant sur le site cardiacventoux.comEnfin ils peuvent soutenir la cause par des dons pour la recherche sur les maladies Cardio-vasculaires et en particulier « la mort subite du sportif » dont Cardiac des Monts est partie prenante.

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