Les aidants familiaux : une implication qui a ses limites

  • Par Héloïse Morée
  • Mise en ligne : 28 février 2018
  • Mise à jour : 28 février 2018

Ils sont encore plus nombreux qu’on ne le pense... On compte en France 11 millions d’aidants familiaux. Ce nombre ne cesse de croître du fait de l’allongement de l’espérance de vie. Dans plus de la moitié des cas, il s’agit du conjoint, et notamment de femmes encore actives.

Des aidants pour toutes les tâches du quotidien

Lorsqu’il ne s’agit pas du conjoint mais des parents, les aidants familiaux doivent supporter une multitude de tâches plus pesantes les unes que les autres dans une maison qui n’est pas la leur : ménage, courses, toilette, démarches administratives, accompagnement médical, gestion des activités de loisirs… De plus, ils soutiennent moralement la personne malade.

De retour chez eux, ils doivent ensuite s’occuper de leur propre intérieur. Il leur est donc nécessaire de tenir un rythme quotidien plus que soutenu pour réussir à réaliser chaque jour cette multitude de tâches incontournables

La santé des aidants en jeu

Vivre ce quotidien physiquement fatigant et psychologiquement contraignant peut avoir des effets néfastes à moyen ou long terme sur la santé des aidants familiaux. En effet, étant extrêmement sollicités, ils doivent mener de front vie personnelle, vie professionnelle et accompagnement du proche malade. Il arrive également que les enfants des aidants familiaux n’aient pas encore quitté la maison. Ainsi, ces personnes sont tenues de porter conjointement aux enfants et parents, ce qui n’est pas sans conséquences. Des études ont en effet montré que les aidants familiaux sont plus sujets aux arrêts de travail que les autres.

Par ailleurs, une étude de la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques) a mis en lumière le malaise des aidants familiaux. Un quart d’entre eux se sent anxieux et stressé tandis qu’un autre quart se décrit comme étant fatigué physiquement et moralement.

Un rythme de vie bouleversé par la pathologie

Dans certains cas, les aidants familiaux en viennent même à changer leur mode de vie pour s’adapter à ces nouvelles contraintes. Ils optent parfois pour le télétravail afin de pouvoir se rendre disponible plus facilement.

Se faire aider, une nécessité

Afin d’accompagner au mieux un proche malade en restant en forme, il est nécessaire de se décharger d’une partie des tâches. Recourir à une aide-ménagère ou à un service de portage de repas apporte un soulagement certain à l’aidant.

Déculpabiliser pour continuer à vivre

De très nombreux aidants choisissent de tout assumer seuls du fait d’une forte culpabilité. Ils considèrent cela comme un devoir à l’égard de leur proche. Ils ne doivent pas s’oublier eux-mêmes. Pour cela, il leur faut trouver un juste équilibre entre le temps de présence auprès de ce dernier et le respect de ses propres besoins.

Mobiliser le droit au répit

Le droit au répit a été instauré par la loi de 2016 sur l’adaptation de la société au vieillissement. Sous certaines conditions, les personnes dépendantes peuvent bénéficier d’une enveloppe de 500 € pour financer un accueil de jour, un hébergement temporaire ou encore une aide à domicile.

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