Rites Funéraires

  • Par Pascale PEIFFER
  • Mise en ligne : 10 janvier 2018
  • Mise à jour : 10 janvier 2018

"Ce n’est pas pour mourir que je pense à la mort. C’est pour vivre ! " - André Malraux

En France

En France on retrouve des traces de funérailles dès la préhistoire. La fin de vie est acceptée comme une évidence, une échéance. Il faudra attendre le XIVème pour que l’individu prenne conscience de sa personne, du rôle qu’il peut jouer dans sa vie et qu’il ait ainsi peur de sa propre mort. Le Purgatoire fait peur et l’être humain a besoin de préparer sa mort. On pratique certains rites funéraires qui rassurent tels que cacher rapidement le corps de défunt en le mettant dans le cercueil. Après la Révolution, les enterrements publics de personnalités donnent lieu à des cérémonies souvent suivies par la foule. Les cérémonies sont populaires. Il faudra attendre la loi de 1887 sur la liberté des funérailles qui permet au défunt de décider du lieu et du mode de sa sépulture (inhumation ou crémation).

Jusqu’au XXème les rituels funéraires seront cadrés par une législation qui date du Premier Empire qui impose notamment des cimetières hors de la ville et multi confessionnels. Mais en réalité, l'église catholique ou le culte protestant ont presque partout eu le monopole de l'organisation des inhumations, avant qu'en 1806 la communauté israélite ne soit autorisée par décret à conserver la propriété des cimetières privés édifiés avant 1804, et à créer des espaces confessionnels juifs dans les cimetières municipaux.

Au XXème siècle, on assistera à la montée en puissance de l'industrie des pompes funèbres et des pierres tombales, La loi a été modifiée en 1993 et en 2008 pour intégrer l'ouverture à la concurrence du monopole communal sur les pompes funèbres, et préciser le statut des opérateurs funéraires ainsi que le statut et le devenir des cendres funéraires

Le saviez-vous ?

Il est possible d'être inhumé dans une propriété privée, mais avec autorisation du Préfet et à condition que la propriété privée soit assez éloignée des limites de la ville la plus proche et de respect des mesures d'hygiène légales. Le droit funéraire reste éclaté dans le code général des collectivités territoriales (CGCT), le code de la santé publique, le code de l'urbanisme, le code de la construction et de l'habitation, ou encore celui des assurances. En effet, depuis le XXème siècle le régime « assuranciel » se développe entre les contrats d'assurance-vie et d'assurance-décès qui intègrent de plus en plus souvent un « contrat de prestations funéraires » ou « convention obsèques ».

Nouveau, les cercueils en carton !

Au cours des dernières années, les cercueils en carton ont fait leur apparition sur le marché. Plus écologiques car biodégradables, fabriqués en partie avec des fibres recyclées et sans métaux et/ou vernis, sans colle chimique, ils sont aussi plus économiques : de 400 à 600 euros pour les cercueils en carton contre 800 à 3 000 euros pour le bois.

Que font nos voisins ?

En Ecosse :

Il existe une coutume de disposer du sel et de la terre sur un plat posé sur la poitrine du défunt et parfois même une Bible ouverte que l’on pose sur le bas du visage afin d'empêcher les esprits maléfiques de s'approprier le corps. Une croyance autrefois répandue était que l'esprit de la dernière personne enterrée dans un cimetière en garde la porte et ne soit relevé de son poste que par l'esprit de la personne suivante à être enterrée.

En Espagne :

La veillée funèbre est incontournable. En Espagne l’enterrement se fait en général le lendemain du décès et comme il ne faut pas laisser le corps du défunt seul, famille et amis se retrouvent pour veiller non pas au domicile du défunt mais dans des complexes funéraires. Dans ces établissements chaque famille dispose d’une chambre funéraire, de sanitaires et d’une douche. Il y a même des restaurants qui restent ouverts toute la nuit.

En Grande Bretagne :

Les cimetières écolos : près de 200 cimetières ''naturels'' ou boisés ont vu le jour, en Grande Bretagne, représentant plus de 10% de toutes les inhumations. Ici le cercueil doit être en bois non traité, le défunt vêtu de vêtements en fibres naturelles et la thanatopraxie (soins chimiques portés au corps avant sa mise en bière) est interdite. Pour info la ville de Niort (79) a ouvert un cimetière dit « naturel » en 2014.

En Belgique :

On peut garder les cendres d’un proche chez soi dans une urne (ce qui est interdit en France). Il est vrai que la Belgique permet certaines libertés quand il s’agit de la mort puisque dans ce pays l’euthanasie est autorisée.

Nouveautés en France

La société MDM créée par 7 femmes de 27 à 56 ans a décidé de bousculer les codes en proposant du « beau et de l’unique » pour transformer le dernier évènement de notre existence en véritable « Hommage à la Vie ». Pour que notre enterrement ou celui d’un de nos proches ne ressemble pas à celui de nos grands-parents. Et parce que chacun a droit à des funérailles uniques, pleines de sens, fidèles à sa vie et aux valeurs qu’il souhaite transmettre, ces femmes proposent de préparer bien en amont cet évènement. Le jour « J », la vidéo et les photos sont prêtent, les musiques choisies … Pour découvrir ces nouveaux services : www.dernieresconfidences.fr

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